Jeudi, 27 septembre 2018

Avant-projet Hôpital Neuchâtelois : usine à gaz en vue !

Une seule certitude ressort de l’avant-projet de la commission Santé du Grand Conseil : ce qui est proposé pour répondre au défi hospitalier s'apparente à une usine à gaz.

Les groupes parlementaires ont été amenés à faire part de leurs commentaires suivant les propositions intermédiaires de la commission "Santé" du Grand Conseil concernant l’examen du projet de loi sur Hôpital Neuchâtelois.

 

En réponse à la consultation des groupes du Grand Conseil au sujet de l’"Avant-projet de loi sur le Réseau Hospitalier Neuchâtelois", les Vert’libéraux expriment leurs doutes sur un projet qui s'apparente déjà à usine à gaz, pour tenter de mettre en application l'initiative "Pour deux hôpitaux sûrs, autonomes et complémentaires". Le détail de notre réponse (lettre) est disponible en suivant le lien ci-après.

 

En résumé :

- notre groupe reconnaît la grande difficulté de la tâche qui est assignée à la Commission : elle doit trouver un moyen de mettre en œuvre une initiative pour deux hôpitaux autonomes que les Autorités de la précédente législature rejettaient, tout en veillant à ce que le projet soit effectivement viable sur les plans de la santé publique et des finances ;

- nous saluons donc la volonté affichée par la commission santé de construire un tel projet, répondant à ces objectifs potentiellement contradictoires ;

- nous constatons cependant que l’avant-projet n’aborde pratiquement que des aspects formels, liés à la gouvernance ;

- il ne répond en revanche à aucune des questions-clé du dossier, questions touchant par exemple à la planification hospitalière, à la viabilité des objectifs fixés par l'initiative au regard des normes imposées par la législation fédérale, aux enjeux liés à l'évolution très rapide du domaine des soins ou encore les questions financières, relevant pourtant elles aussi de la volonté exprimée dans les urnes.

 

En particulier :

- le projet affirme viser à « limiter le nombre d’étages décisionnels » et à « alléger le dispositif ». En réalité, on s’achemine vers une usine à gaz, assez complexe et coûteuse : pas moins de 40 (!) articles du projet de loi sont consacrés à l’organisation, avec une trop forte composante politique ;

- il reste à démontrer que la fourniture des prestations minimales exigées par l’initiative sur les deux sites (soins aigus, urgences 7/7, 24/24, etc.) sont compatibles avec : la réduction des coûts promise par les initiants durant la campagne ; les normes minimales permettant l’accréditation pour la formation du personnel soignant ; la sécurité des patient-es, sachant qu’un médecin qui opère trop peu finit par manquer de pratique ; l’attractivité de l’hôpital pour le recrutement de personnel de qualité.

- le projet de loi ne précise justement pas le cadre financier, il est impossible à ce stade de dire quoi que ce soit concernant les coûts de la nouvelle organisation.

 

Les Vert’libéraux ont par ailleurs soulevé la question de l’horizon temporel dans lequel se projette la mise en œuvre de l’initiative :

- Quel est le calendrier prévu pour la suite des travaux, mais surtout pour la mise en œuvre sur le terrain de la nouvelle organisation ?

- Compte tenu de l’évolution très rapide des technologies, des coûts et du cadre législatif fédéral du domaine de la santé, quelle est la perspective temporelle estimée pour la nouvelle organisation : 3, 5, 10, 20 ans ?

 

En formulant leurs vœux pour que les travaux puissent se poursuivre de manière constructive, les Vert’libéraux souhaitent qu’ils puissent aboutir rapidement à une solution satisfaisante, qui devra impérativement répondre aux défis évoqués, dans l’intérêt supérieur de la collectivité neuchâteloise.