Mercredi, 27 mars 2019

Merci les jeunes !

La Ville de Neuchâtel a déjà entrepris plusieurs démarches importantes en faveur du climat. Les jeunes manifestants encouragent nos autorités à aller résolument plus loin.

Par Jean Dessoulavy, groupe VL-PDC au Conseil général de la Ville de Neuchâtel

 

L’adolescente suédoise de 15 ans, Greta Thunberg, a montré l’exemple en 2018 par son appel aux «grèves scolaires pour le climat » et pour avoir donné un discours à la conférence de Katowice de 2018 sur les changements climatiques de l’ONU. Depuis le début de l’année, la jeunesse de près d’une centaine de pays dans le monde, dont la Suisse, encouragée par sa démarche, lui a emboîté le pas et décidé de descendre dans la rue, pour témoigner de son inquiétude sur le futur de la planète.

 

La jeunesse de notre ville peut être fière de faire partie des villes suisses qui se mobilisent le plus. A Neuchâtel, en ce début d’année, trois marches citoyennes ont été organisées et une quatrième est déjà annoncée pour le samedi 6 avril prochain. En nombre de participant-e-s, Neuchâtel se retrouve régulièrement parmi les villes dans lesquelles la jeunesse se mobilise le plus, après Genève, Lausanne, Bâle, Berne et Zurich. Lors de la dernière manifestation pour le climat du vendredi 15 mars, malgré un temps pluvieux et venteux, plus de 2’000 personnes se sont rassemblées pour marcher de l’université jusqu’à la place des Halles, qui est sur le point de devenir le nouveau lieu de forum citoyen du chef-lieu.

 

Accompagnant le constat dramatique dressé par la climatologue Martine Rebetez, de nombreux jeunes n’ont pas hésité à prendre le micro pour communiquer des messages témoignant leur « ras-le-bol », leur « colère », mais aussi leur « espoir ». Espoir qu’enfin la société de seniors qui dirige le monde prenne conscience qu’au rythme de consommation actuel, notre planète va droit dans le mur. Espoir que la société civile fasse corps avec celle de l’économie pour que le développement des pôles du social, de l’économie et de l’environnement puisse enfin travailler ensemble.

 

Mais comment engager ce nouveau défi ? Le Mahatma Gandhi eu cette parole célèbre qui devrait toutes et tous nous inspirer : « Donner l’exemple n’est pas un moyen de changer le monde, en réalité, c’est le seul ! ». Suivant ces propos, on serait tenté de déclarer que ce sera par la base que les changements de mentalités s’opéreront pour que notre monde prenne les décisions qui s’imposent afin de baisser de manière significative notre consommation d’énergie fossile.

 

Les dernières nouvelles de Berne semblent montrer la pertinence de ce constat. En effet, au plan national, le lobby des hydrocarbures est à l’heure actuelle trop puissant pour qu’on puisse espérer une impulsion significative donnée par la majorité politique actuelle. Les débats au Conseil national du 11 décembre 2018, concernant l’adoption d’une loi ambitieuse sur la consommation de CO2, ont clairement montré la difficulté de la majorité en question, PLR-UDC, de prendre ses responsabilités. Ce mois-ci, cette même majorité a refusé de traiter pas moins de huit projets concernant le climat dans la session en cours.

 

D’où l’importance de montrer l’exemple localement à titre individuel, mais aussi collectif. L’adoption d’une résolution interpartis demandant de nouvelles mesures concrètes pourrait être adoptée prochainement par le Conseil général. La Ville de Neuchâtel a déjà entrepris plusieurs démarches importantes en faveur du climat (soutien au solaire et au photovoltaïque, aux abonnements pour les transports publics, programme Nature en ville, domaines viticoles bio, etc.). Les jeunes manifestants encouragent nos autorités à aller résolument plus loin.