Grand Conseil – Budget 2026

Grand Conseil – Budget 2026

Budget 2026 : un résultat artificiellement positif qui manque de vision.

Budget 2026 : un résultat artificiellement positif qui manque de vision.

 

Le groupe Vert’libéral remercie l’administration pour son travail, mais s’inquiète de l’absence de stratégie à long terme du Conseil d’État.

 

Les réserves fondent, les défis augmentent, et aucun cap clair n’est donné pour maîtriser les dépenses ou préparer l’avenir.

 

Nous soutenons :
✅ les mesures en faveur du tissu économique et de la diversification
✅ les investissements dans la transition énergétique et la rénovation
✅ le renforcement de la justice et le soutien social ciblé
❌ mais nous dénonçons un budget équilibré uniquement grâce aux ponctions dans les réserves.

 

➡️ Nous accepterons le budget tel qu’amendé par la commission, tout en appelant à une vraie vision pour l’avenir de notre canton.

 

Prise de parole complète de notre cheffe de groupe, Mireille Tissot-Daguette

 

Mesdames, Messieurs,

 

Tout d’abord, notre groupe souhaite remercier les services pour le travail sur le budget et de leur disponibilité pour les débats et réponses aux questions des parlementaires. J’aimerai aussi préciser que le groupe Vert’libéral a pu être présent à l’ensemble des travaux de la commission financière plénière sur le budget 2026, même si cette mention manque au rapport de la commission, vu que les présences sont établies par sous-commission.

 

A la première lecture du budget, nous aurions pu nous réjouir du résultat positif et du respect des critères du frein à l’endettement. Cependant en lisant de manière détaillée, le budget proposé par le Conseil d’Etat éponge pour plusieurs dizaines de millions un déficit à l’aide des différentes réserves, sans proposer de vision claire pour maitriser l’augmentation des dépenses et la diminution de recette qui se présente. Malgré l’amendement au Conseil d’Etat pour soutenir le tissu économique, que nous saluons, il manque des mesures d’économie sur le long terme et des priorisations qui devront se faire. Il est crucial de soutenir la diversification de nos industries, pour qu’elles puissent faire face aux différentes crises et chocs.

 

Le manque de vision du Conseil d’Etat dans son budget sur les prochaines années, qui apparaissent difficiles, nous interpelle. Si nous regardons des cantons voisins, comme Fribourg et Vaud, qui sont dans des situations budgétaires comparables, avec une hausse des charges et une baisse des revenues prévues sur les prochaines années. Les mesures d’économie sont fortes et la vision à long terme plus claire pour essayer de réduire cet écart entre dépense et revenues. Certes, la méthode n’a peut-être pas été la bonne, avec des budgets qui ont déjà été refusés. En voyant les PFT de ces prochaines années, le statu quo ne semble pas non plus viable pour le canton.

 

Les réserves que nous avons remplies depuis plusieurs années vont fondre, comme neige au soleil, dès les premières secousses de notre économie et de la conjoncture, sans faire attention des imprévus et incertitudes à venir. Ces manques de décisions d’économies concrètes sur du moyen et long terme nous ont incité à déposer un amendement pour réduire la ponction aux réservés, quitte à sortir du frein de l’endettement.

 

Le résultat positif est complétement artificiel et il soulève des questions sur le frein à l’endettement, qui oblige une ponction dans les réserves pour avoir un résultat positif et un certain taux d’autofinancement des investissements. Cette fausse vitrine nous paraît problématique concernant la communication extérieure du résultat de ce [et présente un] budget faussement bénéficiaire. Ce résultat ne reflète pas les années à venir qui s’annoncent difficiles.

 

La compétitivité de notre canton est aussi un enjeu essentiel. Nous vivons au milieu d’autres cantons qui ont décidé de baisser leur taux d’imposition et/ou de le garder bas. Nous devons rester attentifs sur ce point qui est important dans le choix de la domiciliation, mais ce n’est pas le seul point important dans cette compétition entre canton. Nous devons aussi différencier les investissements aux dépenses de l’Etat et prioriser les projets. Le cadre de vie qu’offre le canton de Neuchâtel avec certains programme scolaire comme PRIMA ou MAE, sont des plus-values pour les familles souhaitant s’installer dans notre canton. La transition énergétique fait partie intégrante d’un mieux vivre pour le canton. Nous saluons, d’ailleurs, que les projets de rénovation du patrimoine bâti prennent de l’ampleur et une bonne place de nos investissements. Il faut aussi penser aux patrimoines bâtis non seulement publics, mais aussi privés.

 

L’acceptation au niveau fédéral de l’abolition de la valeur locative, pose de nombreuses questions sur le soutien à la rénovation des bâtiments. Pour le groupe Vert’libéral, il est important que le canton continue à soutenir l’effort de rénovation et d’amélioration énergétique des propriétaires privés. Nos objectifs climatiques sont fixés, le chemin est encore long, mais nous devons continuer les mesures entreprises.

 

De grands défis nous attendent pour mettre en place la transition énergétique. Notre canton est en queue de classement quand il s’agit de prendre le vélo ou les transports publics. Nous avons stagné ces dernières années sur le sujet du transfert modal. Nous devons nous activer dans le domaine de la mobilité, que ce soit de décarboner nos transports publics, d’améliorer la couverture et la fréquence des bus ou des trains. Nous ne devons pas attendre seulement la ligne directe, qui ne résoudra pas tout et qui prendra du temps pour être concrétiser. Notre groupe attend de véritables actions et des mesures concrètes pour avancer dans ce domaine. La vision de la mobilité du canton doit arrêter de faire du sur place.

 

Concernant les différents amendements au budget, nous accepterons les amendements du Conseil d’Etat, pour le deuxième amendement, qui ajuste certains montants dont l’enveloppe sociale, nous ne pouvons que l’accepter tout en déplorant, comme chaque année, l’augmentation de l’assurance maladie et rester attentifs de l’augmentation des coûts de l’enseignement spécialisé qui s’envole, pas seulement dans notre pays, mais dans toute la Suisse. Pour le premier amendement, nous saluons le Conseil d’Etat, comme déjà dit, pour ce rapport sorti rapidement après la mise en place de taxe d’importation par les Etats-Unis. Les mesures mises en place ou renforcées sont pertinentes pour permettre à nos entreprises exportatrices de pouvoir diversifier leurs marchés, mais aussi leurs activités. Nous apprécions grandement que ce soutien ne soit pas sous une forme de renflouage, mais travaille en amont pour soutenir notre entreprise à se diversifier. Nous avons déjà vécu durant la premier crise horlogère qu’un tissu économique trop homogène concentre les mêmes risques et que nous devons encourager les entreprises à se diversifier pour améliorer leur résilience, qui s’est déjà fortement amélioré comme nous avons pu le constater ses dernières années.

 

Concernant l’amendement de la commission, elle reprend les considérations des différents groupes et sort d’un consensus des différents groupes politiques. Pour prendre en compte le souhait d’avoir une certaine pression sur le budget et que le Conseil d’Etat en coupant dans les écarts statistiques des biens et services et au niveau des EPT. Nous espérons que ces coupes transversales et arbitraire aboutiront à une vision stratégique claire du Conseil d’Etat. L’augmentation budgétaire dans le social permet de soutenir les foyers ayant le plus besoin en indexant l’aide sociale et en absorbant l’entièreté de l’augmentation des assurances maladie pour les personnes subsidiées. Le reste des points constitue l’ensemble du compromis que nous accepterons. Dans le même sens d’améliorer le pouvoir d’achat de la population, nous saluons la sagesse de la Commission financière de retirer l’amendement sur le projet fiscal émanant du groupe socialiste, du Conseil d’Etat et ainsi permettre de ne pas infliger une augmentation d’impôts à nos concitoyens et qui ne concernait pas les plus riches, à moins que les personnes gagnant plus de 5’500 francs par mois sont considérées comme riches. En résumé, le consensus trouvé ce matin nous permet de commencer sereinement les discussions autour du budget.

 

Concernant les votations et les projets de loi et décrets liés au budget, nous n’aurons peu ou pas de commentaires sur le cautionnement simple pour NOMAD que nous accepterons. Concernant l’organisation judiciaire, nous avons bien compris que l’évolution du droit et le manque de moyens durant plusieurs années. L’accumulation des dossiers et les délais sont des faits observables, pour notre groupe, il est important que la justice neuchâteloise puisse être efficiente. Nous soutiendrons ce projet de loi qui donne la possibilité d’engager plus d’effectifs en ouvrant la marge supérieure de la fourchette.

 

En résumé, notre groupe salue les efforts de l’administration et des différents services, mais est déçu du manque de vision à long terme du Conseil d’Etat. Les réserves seront déjà largement ponctionnées en 2026, sans avoir une projection claire et optimiste des budgets suivants. Pourtant les défis climatiques restent à venir et la situation politique reste instable.

 

Nous accepterons le budget comme proposé par la commission financière.